Si vous trouvez vos conseils nutritionnels gais sur TikTok, vous pourriez penser que le régime idéal pour un bottom se résume à un bol de glaçons — ou encore mieux — à rien du tout.
Ça ne pourrait être plus loin de la vérité. « Tu devrais manger. Quand tu es bottom, tu dois bien sûr tenir compte de ta digestion, mais ça ne veut pas dire que tu ne dois pas manger », explique Tim Lagman, éducateur sexuel pour la marque de lubrifiants pjur.
En fait, manger régulièrement peut améliorer tes relations sexuelles en tant que bottom, et non les détériorer, confirme Lagman. Avoir du sexe sur un estomac vide ne vous aidera pas à vous détendre. Une alimentation saine peut favoriser des selles régulières qui vous permettent de rester propre, peut-être même sans avoir recours à des douches internes.
Si cela semble trop beau pour être vrai, écoutez ce que d’autres personnes en disent : les éducateur·ice·s sexuel·le·s et les médecins s’accordent sur le fait qu’une alimentation équilibrée, riche en fibres et en protéines, est la clé pour avoir des relations sexuelles agréables en tant que bottom. Et ce régime alimentaire n’a rien de révolutionnaire. « Cela revient simplement à adopter un mode de vie sain », explique le Dr Evan Goldstein, fondateur de Bespoke Surgical, un cabinet spécialisé en santé sexuelle, et de Future Method, une marque de produits sexuels qui s’appuie sur la science.
Si vous vous demandez comment adapter votre alimentation pour qu’elle soit plus propice au bottoming — sans compromettre votre santé —, voici ce que vous devez savoir.
Les fibres sont vos amies
La meilleure chose que vous puissiez faire pour adopter une bonne alimentation pour votre derrière est d’augmenter votre apport en fibres.
« La plupart des gens ne consomment pas assez de fibres », explique Goldstein.
Les fibres sont essentielles, car elles contribuent à régulariser le transit intestinal et agissent comme un agent de volume, ce qui se traduit par des selles bien formées et faciles à évacuer, selon Lagman et Goldstein.
Cela peut sembler contre-intuitif, mais en tant que bottom, votre objectif n’est pas de freiner votre digestion, mais de la maintenir en mouvement. Vous voulez des selles régulières et normales — et les fibres vous aident à y parvenir, explique Zachary Zane, expert en sexualité et en relations chez Velvet Brands.
Si vous souhaitez consommer plus de fibres, commencez par des aliments naturels comme les légumes (les pois verts, le brocoli et les patates, par exemple), les fruits (comme les framboises, les pommes et les oranges) et les légumineuses (pensez aux lentilles, aux haricots noirs ou aux graines de chia). Si vous remarquez que la qualité de vos selles n’est toujours pas optimale, vous pouvez envisager de prendre un supplément.
Bien que la Mayo Clinic recommande de trouver l’essentiel de ses apports en fibres dans les aliments, qui contiennent également des vitamines, des minéraux et d’autres nutriments, il est tout à fait sécuritaire de prendre un supplément quotidien de fibres. (Les personnes souffrant de troubles digestifs ou de la maladie de Crohn devraient toutefois consulter leur médecin au préalable). Goldstein, dont l’entreprise offre ce type de suppléments, explique que la plupart des gens devraient en prendre régulièrement pendant environ trois semaines avant de pouvoir déterminer si le produit est efficace ou s’ils doivent ajuster leur dosage : si vos selles ne semblent toujours pas normales, vous avez peut-être besoin de plus de fibres ; mais si vous êtes constipé·e, c’est peut-être que vous en avez trop pris.
Les expert·e·s suggèrent également de consommer des protéines maigres, comme du poisson ou du poulet, en complément des fibres. Lagman souligne qu’il est important de bien s’hydrater au quotidien pour favoriser une bonne digestion et faciliter le transit intestinal. Goldstein préconise quant à lui des repas plus légers et plus fréquents, pris plutôt en début de journée, afin d’éviter les sensations de ballonnement ou de gaz les jours où vous vous préparez à une relation anale.
Il y a également certains aliments que vous devriez éviter : les aliments gras et frits peuvent nuire à votre digestion, tout comme les plats riches en produits laitiers, explique Zane. Chaque corps étant unique, prêtez aussi attention à ce qui vous convient personnellement.
Apprivoisez votre rythme corporel
Ces conseils ne sont donc pas adéquats pour chaque personne. « L’eau et les fibres ne suffisent pas à elles seules à garantir une bonne santé intestinale », affirme Lagman.
Au-delà des principes de base, vous devez comprendre les particularités de votre corps. Vous pouvez déterminer les aliments qui vous conviennent le mieux : peut-être que le café vous donne envie d’aller à la selle immédiatement, ou peut-être qu’il vous aide à rester plus constant. Certains aliments peuvent vous donner une sensation de ballonnement, tandis que d’autres vous laisseront une sensation de légèreté et de détente — ce qui est tout à fait idéal pour le rôle de bottom.
« Le bottoming n’est pas seulement une position, c’est vraiment un mode de vie », dit Zane.
N’ayez pas honte d’être bottom
Quand vous êtes bottom, vous pouvez tout faire à la perfection — alimentation, hydratation, suppléments, etc. — et quand même avoir un petit accident de temps en temps.
« Devinez quoi, ça arrive. Les accidents, ça arrive. On est tous·tes des adultes ici, alors prenez des lingettes pour bébé et passez à autre chose. Grandissez un peu. Si vous ne pouvez pas gérer la merde, vous n’êtes pas assez mûr·e pour avoir des relations anales », dit Lagman.
Zane abonde dans ce sens. Quiconque te fait honte à cause d’un peu de matières fécales pendant une relation anale est un vrai trou de cul, dit-il. Tu peux t’efforcer d’être propre, mais tu n’auras jamais un contrôle total.
En d’autres termes, tu n’as pas besoin d’organiser toute ta vie autour d’une alimentation adaptée au bottoming. Fais ce qui te permet de te sentir à l’aise dans ton corps (ce qui, par conséquent, te donnera plus d’assurance dans la position), mais ne laisse pas cela dégénérer en obsession ou en honte.
« Gardez ça simple », dit Goldstein. « Ne faites pas trop de changements en même temps. »