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Santé trans

Ce que les personnes prenant de la T doivent savoir sur l’atrophie vaginale

Comment et pourquoi votre corps change, et ce que vous pouvez faire


Écrit par Andy Bandyopadhyay
le 15 septembre 2026 dernière mise à jour le 15 septembre 2026

Colorful abstract composition featuring draped satin fabrics, a glossy pink form, and torn orange paper.
Getty Images; Alex Apostolidis/Script

Prendre de la testostérone m’a bouleversé. Je me rappelle d’une discussion avec mon mari durant ma première semaine sur la T — je comparais mon expérience au fait de porter des lunettes pour la première fois : ne pas réaliser ce que ce serait de voir, ne pas réaliser que ce que je voyais avant n’était pas aussi net.

Cela fait maintenant plus de neuf ans.

Si vous avez déjà pris de la T pour des soins d’affirmation de genre — ou si vous la considérez — vous connaissez probablement la liste des effets : votre voix devient plus grave, votre pilosité faciale et corporelle se développera peut-être, votre clito deviendra une bite-T, et vous allez probablement vouloir baiser, au départ, tout ce qui bouge autour de vous.
 

L’un des effets possiblement indésirables de la T est toutefois le risque de développer des symptômes génito-urinaires liés à la ménopause (SGM), anciennement nommés atrophie vaginale. Tout comme chez les femmes cisgenres qui traversent la ménopause, la baisse du taux d’œstrogènes associée à la prise de T peut entraîner une sécheresse et un amincissement des tissus de l’orifice vaginal, les rendant plus susceptibles de se déchirer, ce qui peut être douloureux.
 

Cela peut constituer ou non un problème pour vous.

Les derniers résultats de l’Enquête américaine sur les personnes trans de 2022 (USTS), la plus grande enquête menée par et pour les personnes trans au pays, indiquent qu’environ 1 % des personnes répondantes assignées femmes à la naissance ont subi une vaginectomie — une chirurgie visant à retirer le vagin à la suite de laquelle il ne reste qu’une peau lisse et plate à l’endroit où se trouvait auparavant l’ouverture. Un autre 9 % des personnes souhaitent subir une vaginectomie un jour et 28 % ne savent pas si elles le feront un jour. 
 

Chez les hommes trans en particulier, l’USTS de 2022 a révélé que 2 % ont subi une vaginectomie tandis que 16 % souhaitent en subir une un jour — cet écart met en évidence les obstacles persistants à l’accès aux soins d’affirmation de genre.

En outre, le fait de conserver votre orifice avant ne signifie pas nécessairement que vous souhaitez ou avez besoin de l’utiliser pour le sexe, que ce soit seul·e ou avec des partenaires. Si tel est le cas, les changements au niveau de la lubrification ou de la texture de vos tissus vous préoccuperont peut-être moins.

Cela dit, si vous conservez votre orifice avant et que les éventuelles irritations ou atrophie vous inquiètent, les symptômes sont faciles à gérer. Pour m’expliquer les principes de base, j’ai contacté Sarah Fraser, M.D., M.Sc., CCFP, médecin de famille queer et fondatrice de Coastal Gender Affirming Care, à Halifax.
 

Qu’est-ce que l’atrophie vaginale pour les personnes sur la T?

« Les tissus vaginaux dépendent des œstrogènes. Donc lorsque la testostérone fait baisser le taux d’œstrogènes, les tissus s’amincissent, s’assèchent et s’irritent plus facilement », affirme Fraser. « Les gens ressentent une sécheresse, des sensations de brûlure, des démangeaisons, des douleurs lors de la pénétration, parfois de petites déchirures, et présentent un risque accru de vaginose bactérienne, d’infections à levures et des voies urinaires. »

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Pourquoi la T cause l’atrophie de l’orifice vaginal?

En bref, « c’est le même mécanisme que la ménopause, une baisse du taux d’œstrogènes au niveau des tissus. Les changements commencent souvent dans les trois à six mois suivant le début du traitement à la testostérone et atteignent leur sommet au bout d’un à deux ans », explique Fraser.
Lorsque le taux d’œstrogènes diminue, le pH vaginal change, tout comme la composition de son microbiome. L’irritation qui en résulte est un symptôme ménopausique courant chez les personnes sur la T, quels que soient leur âge ou leurs antécédents ménopausiques.
 

L’atrophie de l’orifice vaginal est-elle normale sur la T?

« Une grande partie des personnes sur la T présentent des symptômes », dit Fraser. « Une étude a estimé à environ 60 % la proportion de personnes souffrant de douleurs pendant les rapports sexuels, et la plupart des personnes sous traitement prolongé à la T présentent un certain degré d’atrophie. » Il n’existe pas suffisamment de recherches pour confirmer si les personnes recevant des doses « complètes » de testostérone vivent l’atrophie différemment de celles qui prennent des « microdoses ».
 

Comment puis-je gérer les symptômes?

Fraser recommande l’œstrogène comme traitement de première intention : cela peut sembler contre-intuitif de prendre de l’œstrogène, mais les formes les plus courantes — les comprimés et la crème — sont conçues pour n’avoir qu’un effet local. Ce type d’intervention est également à faible dose, « de sorte qu’il n’interfère pas avec la testostérone ni ses effets », explique Fraser. « Une intervention simple, avec d’excellents résultats, en plus d’aider à prévenir les infections urinaires récurrentes. »
Autrement dit, l’œstrogène peut apaiser votre orifice sans perturber votre taux de testostérone. Fraser précise que les préparations sous forme de comprimés et de crème sont « généralement prises le soir pendant deux semaines, puis deux fois par semaine », et qu’elles n’ont aucun effet systémique.
Certaines personnes utilisent également un anneau à faible dose d’œstrogène, « ce qui peut entraîner une absorption plus systémique, mais [il] est tout de même peu probable que cela l’emporte sur l’effet de la T », précise Fraser.
Une mise en garde : si vous avez des antécédents de cancer hormonodépendant (comme un cancer du sein ou des ovaires), informez d’abord votre médecin. Pendant de nombreuses années, les lignes directrices en matière de soins étaient contre toute forme d’hormonothérapie en présence de ces antécédents. Cependant, plus récemment, des chercheur·euse·s ont commencé à s’intéresser à l’œstrogène vaginal à faible dose comme moyen de traiter l’atrophie vaginale chez les survivant·e·s d’un cancer du sein, de l’endomètre, de l’utérus et d’autres types de cancer. Les résultats semblent prometteurs jusqu’à présent : une étude récente a démontré que l’œstrogène vaginal était sans danger pour les personnes ayant des antécédents de cancers génito-urinaires, et une autre a abouti à la même conclusion pour les personnes ayant des antécédents de cancer du sein.
 

Y a-t-il d’autres choses qui peuvent aider?

Du lubrifiant, du lubrifiant et encore du lubrifiant! En tant qu’éducateur sexuel, je ne saurais trop insister sur le fait que l’utilisation d’un lubrifiant adapté à votre corps peut à la fois favoriser le plaisir et réduire la douleur. Chaque fois que vous insérez une main, un jouet, un pénis ou quoi que ce soit d’autre dans votre orifice pour le sexe, utilisez du lubrifiant.

Le lubrifiant à base d’eau est une excellente base; il est compatible avec les condoms, les gants et les jouets. Le lubrifiant à base de silicone procure des sensations incroyables, dure plus longtemps et fonctionne avec les condoms et les gants, mais il détériore les jouets en silicone. Les lubrifiants à base d’huile durent longtemps, mais détériorent les condoms en latex.

Si vous ne savez pas quel type de lubrifiant convient à votre corps, ou si vous avez la peau très sensible, pensez à vous procurer un petit coffret d’échantillons de différents types et faites des tests sur votre peau. La boutique féministe de jouets sexuels The Smitten Kitten a publié en 2015 un guide complet sur le pH et l’osmolalité des lubrifiants ainsi que sur les ingrédients irritants, auquel nous, les éducateur·rice·s en sexualité, faisons toujours confiance — consultez-le pour vous aider à trouver ce qui vous convient le mieux.

De même, pour la peau à l’extérieur de votre orifice : pensez à utiliser un hydratant doux. Parfois, l’irritation cutanée que certaines personnes ressentent avec la T s’étend de l’intérieur de votre orifice génital à la surface de la peau de vos parties génitales. Soyez indulgent·e envers vous-même et hydratez-vous la peau si vous en sentez le besoin.
 

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