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Santé trans

Ce que les personnes trans doivent savoir sur la ménopause

Que vous soyez transmasculin ou transféminin, voici ce à quoi vous pouvez vous attendre à cette étape de votre vie


Écrit par Bec Roldan
February 3, 2026 dernière mise à jour February 3, 2026

Ce que les personnes trans doivent savoir sur la ménopause  cover image
Getty Images; Alex Apostolidis

La ménopause est une étape naturelle du cycle de la vie. Au cours de ce processus, les ovaires cessent de produire des ovules, ce qui entraîne une baisse significative des taux d’œstrogène et de progestérone et, par conséquent, la fin des règles et de la fertilité. La ménopause peut survenir entre 45 et 55 ans et se manifeste par des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des sautes d’humeur et un déséquilibre de la santé vaginale. 

Au Canada, plus de dix millions de femmes cisgenre ont atteint l’âge de la ménopause, ce qui représente environ un quart de la population, selon les données de Statistique Canada. Bien que la ménopause soit socialement perçue comme une période charnière vécue uniquement par les femmes cis, elle affecte également la vie des personnes trans, qu’elles aient ou non entrepris une transition médicale. 

Alors, que faut-il savoir sur la ménopause lorsqu’on suit un traitement hormonal d’affirmation du genre (THAG)? Nous en avons discuté avec le docteur Elijah Salzer, assistant médical et professeur clinicien à l’université Pace, spécialiste en obstétrique et en gynécologie, pour mieux comprendre ce à quoi les personnes trans peuvent s’attendre durant la ménopause. 
 

La ménopause, c’est quoi? 

La première phase de la ménopause est appelée périménopause. « La périménopause, c’est la période où on commence à voir des fluctuations dans le fonctionnement des ovaires, qui peuvent s’accompagner de saignements irréguliers », précise le Dr Salzer. Cette phase précède la ménopause et peut durer de quatre à huit ans. 

On considère qu’une personne est ménopausée lorsqu’elle n’a pas eu ses règles depuis plus d’un an, ce qui arrive généralement vers l’âge de 51 ans. Chaque jour qui suit cette étape importante est considéré comme faisant partie de la postménopause. « Comme je le dis à mes patient·e·s, vous avez peut-être quitté la ménopause, mais la ménopause ne vous a pas quitté·e », explique le Dr Salzer. Les symptômes de la ménopause incluent les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, le brouillard cérébral et la sécheresse vaginale. Plusieurs options de traitement hormonal et non hormonal sont disponibles pour gérer ces symptômes, dont l’hormonothérapie à base d’œstrogène. 

Il existe très peu d’études sur la périménopause, la ménopause, les personnes trans et l’impact d’un THAG sur le processus de vieillissement. Le parcours de chaque personne à travers la ménopause est unique, l’expérience individuelle pouvant varier en fonction de l’utilisation d’hormones, de l’utilisation potentielle de contraceptifs et d’autres facteurs associés au mode de vie.
 

Et si je suis sur la testostérone et que je n’ai plus mes règles? 

Comme mentionné ci-dessus, la ménopause est définie par rapport à une « dernière » période de menstruations. Cependant, les personnes transmasculines qui prennent de la testostérone peuvent cesser d’avoir leurs règles, ce qui signifie qu’elles ne présenteront pas les symptômes traditionnels de la périménopause ou de la ménopause. Selon le Dr Salzer, lorsqu'une personne qui n’a plus ses règles en raison de sa transition atteint l’âge de la ménopause, « on considère cette personne comme post-ménopausée ». 
 

Cependant, mentionne le Dr Salzer, les personnes qui prennent de la testostérone dans le cadre de leur transition peuvent tout de même développer un symptôme courant de la ménopause appelé atrophie vaginale, même avant d’atteindre la ménopause ou la périménopause. L’atrophie vaginale est un ensemble de changements qui surviennent dans le vagin en réponse à une baisse importante du taux d’œstrogène, et qui incluent notamment un amincissement, un assèchement et une inflammation. « Certaine·e·s patient·e·s transmasculin·e·s prenant de la testostérone choisiront d’utiliser de l’œstrogène vaginal, comme l’estradiol », pour traiter l’atrophie vaginale, précise Salzer. L’œstrogène vaginal est une forme d’œstrogène à faible dose qui est administrée sous forme de comprimé, de crème topique ou d’anneau vaginal. Il est conçu pour soulager l’inconfort causé par l’atrophie vaginale en diffusant de l’œstrogène dans les tissus vaginaux. Ce traitement n’interfère en aucun cas avec un traitement hormonal d’affirmation de genre. 
 

Pour certaines personnes transmasculines et non binaires, la prise de faibles doses de testostérone (c’est-à-dire des microdoses) est suffisante pour atteindre les objectifs de transition souhaités. Selon le Dr Salzer, si vous prenez des microdoses de testostérone et que vous avez toujours vos règles, il est possible que vous viviez tout de même une ménopause traditionnelle.
 

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Ma ménopause sera-t-elle différente si j’ai déjà pris de la testostérone, mais que j’ai arrêté? 

Selon le Dr Salzer, tout dépend du temps qui s’est écoulé depuis la fin du traitement à la testostérone. « Si une personne a essayé la testostérone, n’a pas apprécié, a interrompu le traitement et ne prend pas de contraception hormonale, elle pourrait bien retrouver une fonction ovarienne normale et vivre la ménopause comme n’importe quelle femme cis qui ne prend pas d’hormones », explique-t-il. Par contre, si vous prenez un contraceptif hormonal tel que Depo-Provera, ou si vous portez un stérilet contenant de la progestérone qui interrompt vos règles, vous pourriez entrer en ménopause sans même vous en rendre compte. En effet, la progestérone et l’œstrogène que l’on retrouve dans les contraceptifs peuvent masquer les symptômes associés au début de la ménopause. 
 

Et si j’ai eu une hystérectomie? 

Si seul l’utérus a été retiré lors de l’hystérectomie et que vous ne prenez pas de THAG, il est possible que vous viviez une ménopause traditionnelle. « Les ovaires continuent de fonctionner comme si l'utérus était présent, car ils n’ont aucun lien entre eux à cet égard », explique le Dr Salzer. « Ils sont voisins, mais ils ne sont pas inextricablement liés l’un à l’autre. » 
 

Le Dr Salzer explique que les patientes cis qui se font retirer les ovaires peuvent éprouver des symptômes de la ménopause particulièrement intenses en raison de la chute soudaine et importante des taux d’hormones sexuelles. Cependant, « si vous prenez de la testostérone, cela devrait être atténué, car vous utilisez une autre hormone sexuelle », ajoute-t-il. Cela signifie que votre corps ne subit pas de changements aussi radicaux. Une personne ayant bénéficié d’une hystérectomie totale ne devrait pas ressentir de symptômes liés à la ménopause lorsqu’elle atteint l’âge de la ménopause, car ce sont les ovaires qui contrôlent ce processus.
 

Je suis une personne transféminine et je prends de l’œstrogène. Dois-je m’inquiéter de la ménopause? 

En 2017, un sondage auprès de 67 femmes trans au Royaume-Uni a révélé que la majorité des participantes ne pensaient pas beaucoup à la ménopause, la jugeant sans rapport avec leur transition. Certaines participantes à l’enquête ont néanmoins mentionné avoir observé des symptômes de ménopause pendant leur quarantaine, comme des sautes d'humeur et une baisse de la libido. Beaucoup d’entre elles ne savaient pas du tout à quoi s’attendre en atteignant « l’âge de la ménopause ».
 

Selon le Dr Salzer, bien que les personnes transféminines ne traversent pas de ménopause traditionnelle, celles qui prennent de l’œstrogène peuvent éprouver des symptômes similaires à ceux de la ménopause si elles décident d’en arrêter la prise. Cela se produirait en raison de mécanismes semblables à ceux qui font que les femmes cis ressentent des symptômes lorsque leur taux d’œstrogène diminue naturellement. 
 

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En tant que personne trans, comment puis-je aborder le sujet de la ménopause avec mon médecin?

Que vous soyez une personne transféminine ou transmasculine, il est important de parler ouvertement avec votre médecin en ce qui concerne la ménopause et l’utilisation à long terme de THAG. 

C’est peut-être plus facile à dire qu'à faire. Selon une étude menée en 2024 auprès d’un petit groupe de personnes trans, non conformes au genre et non binaires, un bon nombre des personnes interrogées ont déclaré avoir du mal à obtenir le soutien et les ressources nécessaires pour affronter la ménopause. Un nombre croissant de ressources en ligne destinées aux personnes trans (et aux autres patient·e·s LGBTQ2S+) est désormais disponible pour les aider à s’informer sur la ménopause. Tania Glyde, un·e psychothérapeute du Royaume-Uni, a notamment lancé l’initiative Queer/LGBTQIA+ Menopause. Cette plateforme offre une variété de ressources, allant de recherches scientifiques évaluées par les pair·e·s à des articles, des livres et des documentaires portant sur la ménopause inclusive des personnes queer. 
 

De telles ressources peuvent être utiles pour se préparer à des consultations médicales. « Je répète sans cesse à mes patient·e·s que le savoir est source de pouvoir », déclare Salzer. « Je ne vois aucun mal à arriver avec de l’information ».
 

Pour les personnes trans en quête de médecins de famille, de gynécologues et d’endocrinologues ouvert·e·s aux personnes transgenres, consultez l’outil « Provider Directory Search » (répertoire de professionnel·le·s de la santé) du World Professional Association for Transgender Health (Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes trans), ou les organismes canadiens Santé arc en ciel Ontario et TransCare+. Si votre médecin de famille n’a pas d’expérience en matière de santé trans, il est préférable de prendre rendez-vous exclusivement pour discuter de la ménopause. Préparez-vous en prévoyant vos questions et en rassemblant des sources d’information.

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