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Plaisir

Petit guide du fisting

Vous n’avez jamais fisté? Découvrez comment faire


Écrit par Andy Bandyopadhyay
8 mai 2026 dernière mise à jour 11 mai 2026

Petit guide du fisting cover image
Getty Images; Alex Apostolidis/Script

C’est une adepte de CrossFit superbement tatouée qui m’a converti au fisting. J’ai d’abord vu ma main et mon poignet disparaître dans sa chatte, puis j’ai senti son cœur battre dans mon poing. Je l’ai regardée avec un mélange d’admiration et d’émerveillement.

Depuis, j’ai fisté des personnes de tous les genres, en avant comme en arrière. Ce qui me plaît le plus, c’est l’aspect émotionnel : le calme, la présence, la concentration, le contact visuel, le déploiement du corps dans le plaisir.

Pour bien des gens, le mot fisting évoque un acte violent et douloureux. Pour moi, rien n’est moins vrai. On ne force pas la pénétration dans le corps de l’autre; c’est le corps de l’autre qui nous accueille

Beaucoup de faussetés circulent sur le pour et le contre de ce kink. Je vous propose donc de le décortiquer. Avec l’aide de Miles Harris, professionnel de la santé trans et infirmier praticien queer spécialiste des soins aux familles et du VIH, plongeons dans le monde du fisting.

Commençons par la base. Le fisting, c’est quoi au juste?

Ce n’est pas le fait d’insérer un poing fermé dans le corps de l’autre, mais plutôt le processus de mettre la main, le poignet ou l’avant-bras dans l’anusle vagin ou l’orifice avant.

C’est quoi, la différence entre le fisting dans l’anus et dans l’orifice avant?

La position de la main et la façon de l’insérer sont semblables. Dans les deux cas, il faut utiliser encore plus de lubrifiant qu’on pense être nécessaire. Mais la profondeur d’insertion, la vitesse d’insertion et les mouvements qu’on fait une fois à l’intérieur (sans parler de la sensation pour l’autre) sont très différents.

Pourquoi le fisting?

Comme pour toutes les façons de pénétrer, il y a des gens qui adorent le fisting et d’autres qui détestent ça. Physiquement, c’est une façon pour certaines personnes de se sentir pleines ou de ressentir une forme d’expansion qu’aucune autre pénétration ne leur procure. Émotionnellement, ça demande beaucoup de confiance et de communication. C’est une excellente façon d’utiliser ces aptitudes et ça peut créer un lien unique entre deux personnes.

Est-ce que c’est sécuritaire?

Je dirais que oui. Comme pour toutes les autres pratiques sexuelles, si on fait attention et qu’on arrête dès le premier signe de douleur, on ne devrait pas se faire mal. Cela dit, j’ai fait un petit tour de la documentation médicale et dans tous les cas de blessures que j’ai trouvés, les gens étaient gelés.

Pour les personnes qui commencent, je conseille de fister à jeun. Même si on a l’habitude, ça reste plus sécuritaire. Les substances psychoactives atténuent la sensation de douleur, qui nous avertit qu’on risque de se blesser. Le sexe à jeun est aussi préférable par rapport au consentement et à la communication.

Comme pour tous les actes sexuels, si on continue malgré la douleur, on risque de se faire mal. Il faut prêter une attention particulière aux sensations – les siennes comme celles de l’autre.

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Est-ce qu’on risque le prolapsus?

Il y a un mythe qui dit que le fisting entraîne le prolapsus, c’est-à-dire la sortie des tissus interne par le rectum ou l’orifice avant. En tant que professionnel de la santé, je ne vois pas comment ce serait possible. C’est probablement le prolongement d’un mythe homophobe par rapport au sexe anal en général.

Et les microfissures dans l’anus ou le vagin?

Dans la catégorie des blessures moins graves, il peut y avoir des microfissures et des fissures mineures de la paroi intestinale ou des tissus internes du vagin ou de l’orifice avant, même si on fait tout comme il faut et qu’on communique dès que ça fait mal. En général, ces blessures guérissent d’elles-mêmes assez rapidement.

Il y a des exceptions, par exemple les fissures anales, qui sont des fissures de la peau de l’anus. Dans ces cas-là, la guérison peut être plus compliquée. Peu importe l’endroit du corps, si ça ne s’améliore pas après quelques jours, parlez-en à votre professionnel·le de la santé. Je vais y revenir, mais il y a beaucoup de mesures qu’on peut prendre pour éviter les petites fissures, notamment porter des gants et mettre beaucoup de lubrifiant.

Et la transmission d’ITS?Quel est le risque réel de transmettre une ITS comme le VIH, l’hépatite B ou l’hépatite C lorsqu’on a une toute petite coupure sur la peau ou qu’on fait de l’eczéma? 

Je dirais que le risque est infime. Mais de toute façon, pour le confort de l’autre, c’est préférable de porter des gants, ce qui offre une barrière efficace.

Est-ce que ça fait mal?

Je dirais qu’après le fisting, c’est normal d’avoir des douleurs musculaires pendant quelques jours, comme quand on exerce n’importe quel muscle. Ce n’est pas mauvais signe en soi.

Quand est-ce que la personne qui s’est fait fister devrait voir un·e médecin?

Si elle a très mal ou si elle saigne beaucoup. Je sais que c’est un critère subjectif; pour certaines personnes, même une petite quantité de sang est impressionnante.

Si on parle d’un vagin ou d’un orifice avant, c’est un endroit du corps qui saigne plus souvent. Tant qu’il n’y a pas de douleur ni d’autres symptômes, si on constate un saignement léger ou équivalent aux pertes attendues pendant les règles, on peut attendre un peu avant de consulter. Mais si le saignement est plus important, s’il persiste ou si on a mal en plus de saigner, il faut consulter.

Après le fisting anal, on s’attend uniquement à une perte sanguine légère (quelques cuillères à thé). Même ce saignement devrait s’arrêter dans l’heure. Si les pertes de sang sont plus importantes, si elles persistent ou si vous avez très mal, allez à l’urgence. Il faut aussi surveiller la nausée, les vomissements, la fièvre, les vertiges et les étourdissements. Si on a un de ces symptômes, il faut consulter rapidement.

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Parlons accessoires. Pourquoi porter des gants?

Parce qu’ils sont accessibles et abordables, et parce qu’ils protègent les deux personnes. Quand on fiste dans le vagin ou l’orifice avant, le gant empêche les bactéries qui se trouvent sur la peau de contaminer la flore vaginale, qui peut être facilement perturbée, surtout pour les gens qui font de l’hormonothérapie. Même quand on se lave bien les mains, il reste toujours un peu de bactéries autour des ongles. Tout le monde se sert beaucoup de ses mains. On a des envies autour des ongles, des petites coupures, des écorchures. Le gant protège le corps contre les fluides corporels qui restent sur la main. C’est aussi une façon de s’éviter du nettoyage. Quand on pratique le sexe anal, il y a souvent un peu de selles ou de matières fécales. C’est loin d’être la fin du monde, mais si on porte un gant qu’on peut simplement retourner, puis jeter, on se simplifie la vie. 

Évitez les gants en latex, auxquels on peut développer une allergie à la longue. Les concierges et les professionnel·le·s de la santé, par exemple, ont plus de chances de devenir allergiques au latex à force d’y être exposé·e·s. Une réaction dans l’anus, c’est vraiment la pire façon d’apprendre qu’on est allergique. Optez pour les gants faits en nitrile, qui est une forme de caoutchouc synthétique. C’est une matière sécuritaire, compatible avec tous les lubrifiants.

Qu’est-ce que les personnes qui fistent et celles qui se font fister doivent savoir à propos du lubrifiant?

Il faut en utiliser plus qu’on pense nécessaire, voire encore plus que ça. C’est intéressant de mettre son lubrifiant dans un contenant à pompe, parce que quand on veut en mettre plus et qu’on est déjà à l’intérieur de l’autre, on peut se servir à une main.

Commencez par tester le lubrifiant que vous préférez pour la pénétration. Ce n’est pas nécessaire d’acheter un nouveau produit juste pour le fisting. On peut utiliser toutes sortes de lubrifiants : à base d’eau, d’huile, de silicone. En général, on recommande un lubrifiant à base d’eau. C’est un produit compatible avec les jouets en silicone, les gants et les autres barrières. Tant qu’on opte pour un lubrifiant sans parfum et sans ingrédients bizarres, on ne risque pas de trop altérer la flore interne. Certains produits, par exemple la poudre K-Lube, peuvent être préparés selon l’épaisseur désirée. Souvent, pour le fisting, les gens préfèrent un produit plus épais. C’est vraiment un choix personnel.

Le lubrifiant à base de silicone reste glissant plus longtemps, mais il n’est pas compatible avec les jouets en silicone. Attention de ne pas détruire votre dildo à 150 $! Les lubrifiants à base d’huile dégradent le latex. Si vous utilisez une barrière ou un jouet en latex, évitez les produits à base d’huile.

Qu’est-ce qu’il faut savoir par rapport aux ingrédients qui se trouvent dans le lubrifiant et aux zones sensibles des parties génitales et de l’anus?

Ça vaut la peine de parler des agents anesthésiants. Je déconseille vraiment d’utiliser un lubrifiant, une brume ou tout autre produit qui contient un agent anesthésiant. Pour savoir si on est en train de se faire mal, il faut pouvoir ressentir la douleur.

Certains lubrifiants contiennent encore du sucre, surtout ceux qui sont censés avoir bon goût. Je déconseille aussi ces produits. Tout le monde a son avis sur les ingrédients qu’on trouve dans les lubrifiants. Personnellement, je trouve que Babeland et Sliquid sont deux marques de confiance qui font beaucoup d’efforts pour proposer des lubrifiants efficaces et sécuritaires.

Beaucoup de gens ont les yeux plus grands que l’orifice. Pour s’étirer en douceur, c’est une bonne idée de commencer avec un petit jouet, puis d’aller en grossissant. Qu’est-ce qu’il faut savoir d’autre quand on veut essayer le fisting?

Une main, ce n’est vraiment pas la même chose qu’un jouet : c’est osseux, ça bouge et ça se contorsionne. Il faut se souvenir que le point le plus large de la main se situe à l’articulation du pouce. Tout ce qui vient après est plus petit. Pas besoin de s’imaginer que quelque chose d’aussi large va être à l’entrée de l’orifice tout le long du rapport. En général, c’est l’entrée de l’orifice qui limite l’insertion.

La forme de la main s’apparente plutôt à une goutte d’eau. Comme un plug anal qui va en rétrécissant, avec une base évasée. Est-ce qu’il y a d’autres formes à prendre en considération?

Qu’il s’agisse d’un jouet ou d’autre chose, on ne met jamais, jamais d’objet sans base évasée dans l’anus. Il y a même des livres sur les choses que les gens se mettent dans les fesses et qui restent prises, ce qui nécessite une visite à l’urgence.

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Comment est-ce qu’un vagin ou un orifice avant peut accueillir la main au complet?

Quand une personne vit de l’excitation sexuelle, son canal vaginal s’allonge. Ça peut être surprenant de constater à quel point la main se rend loin : « Quand je mets un tampon, je sens mon col juste ici. Comment ça se fait que ton poignet rentre au complet? »

Quelles sont les limites de l’orifice avant ou du vagin, en largeur et en longueur?

L’orifice avant se termine au col, qui le relie à l’utérus. Certaines personnes aiment beaucoup ressentir une pression ou des coups sur le col de l’utérus. D’autres détestent ça ou sont indifférentes. Il y a toutes sortes de préférences : frappe mon col le plus fort possible, ne touche pas à mon col, je n’ai aucune idée de quoi tu parles…

Si la personne a fait une hystérectomie totale ou si elle est née sans col, il n’y a rien d’autre après le vagin. L’os coxal est situé au-dessus de la vessie et il ne bouge pas. Si on s’oriente vers le dos de la personne qu’on fiste, plus loin qu’on penserait possible, il y a davantage d’espace.

Dans le vagin, latéralement, on a plus de chance d’atteindre la limite d’élasticité de l’orifice que de toucher un os.

Qu’est-ce qui influence l’élasticité du vagin ou de l’orifice avant?

Le niveau d’excitation et la pratique. Le fisting est une pratique très graduelle. On ne s’attend pas nécessairement à prendre un poing entier à telle date. C’est une forme d’exploration avec l’autre, pour voir jusqu’où on peut aller.

J’ai entendu une phrase dans un balado qui m’a beaucoup plu : en prendre plus, ce n’est pas toujours mieux. Ça ne sert à rien de se dire qu’il faut en prendre plus, prendre plus gros, viser le plus gros possible.

Comment est-ce que la testostérone affecte l’orifice avant?

Souvent, quand on prend de la testostérone, les tissus génitaux perdent en confort et en élasticité. C’est donc possible qu’une personne qui n’avait aucun mal à se faire fister trouve ça plus difficile après avoir commencé la testostérone.

Dans ces cas-là, les comprimés d’œstrogène peuvent être utiles (et les effets systémiques sont rares). Chaque comprimé contient une toute petite quantité d’œstrogène, qui est principalement absorbé par les tissus de la zone. Ça peut vraiment aider à rendre la pénétration avant plus confortable.

Certaines personnes qui prennent de la testostérone font des vaginoses bactériennes (VB) à répétition ou ont des symptômes urinaires qui persistent peu importe les traitements. C’est loin de concerner tout le monde, mais là aussi, ça peut être utile de prendre un peu d’œstrogène par voie vaginale.

Et pour les femmes trans qui ont fait une génitoplastie?

Je ferais très attention avec le fisting, parce que ça prend du temps pour que le vagin guérisse complètement. Si c’est très important pour la personne de se faire fister après son opération, je l’encourage à en parler avec saon chirurgien·ne et à attendre son feu vert. Mais je sais que c’est un sujet difficile à aborder avec un·e médecin.

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Maintenant, le fisting anal. Qu’est-ce qui se passe quand on insère le bras jusqu’au coude?

Il y a le sphincter externe, le sphincter interne et le côlon sigmoïde. Quand on fiste passé le rectum et qu’on va plus haut dans le côlon, il faut porter un gant d’opéra, qui recouvre le coude. Tous les côlons n’ont pas la même forme, donc ce n’est pas toujours possible. On peut se contorsionner un peu, mais on ne peut pas changer la forme de son bras.

Si on veut aller plus loin dans le corps de l’autre, que l’autre est d’accord et qu’on essaie de trouver la bonne direction, on peut toucher doucement pour voir où il y a de la résistance, puis changer de direction. En général, si la personne qui se fait fister est couchée sur le dos, celle qui fiste va vers sa droite (ou vers la gauche de l’autre). Certaines personnes qui adorent le fisting anal en profondeur en parlent comme d’un massage des organes, impossible en dehors de cette pratique. 

Comme on ne peut pas contrôler son sphincter interne, c’est très important d’être détendu·e. J’adore le livre de Jack Morin, Anal Pleasure and Healthqui explique en détail le lien entre le cul et les émotions. Outre l’état d’esprit, qu’est-ce qui influence l’élasticité de l’anus?

En général, la peau et les tissus guérissent mieux et sont plus élastiques quand on s’hydrate et qu’on évite la nicotine. Avant une opération non urgente, on demande souvent aux gens d’arrêter de fumer parce que la nicotine nuit énormément au processus de guérison.

On n’a aucun contrôle sur le sphincter qui se trouve entre le rectum et le côlon. Pour la personne qui se fait fister, c’est impossible de détendre consciemment cette partie du corps.

Est-ce que l’hormonothérapie a un effet sur les tissus de l’anus?

Pas à ma connaissance. La plupart des gens ont des fesses et la plupart des fesses se ressemblent, peu importe le cocktail d’hormones.

Comme pour le lubrifiant, par rapport à la communication, je dis souvent : allez-y encore plus lentement que ce que vous pensez nécessaire. J’aime beaucoup le contact visuel, pour voir comment la personne se sent, et j’encourage l’autre à s’exprimer, verbalement ou autrement, par rapport au positif comme au négatif : plus, moins, accélère, ralentis, etc. La personne qui fiste doit être très attentive à la sensation de résistance et se laisser tirer au lieu de pousser.

Effectivement. Pour ce qui est des mots d’arrêt, le fisting a ceci de particulier que même si l’autre veut arrêter, on ne peut pas sortir son poing instantanément. C’est une bonne idée d’en discuter à l’avance et de définir la signification exacte du mot d’arrêt. Est-ce que ça veut dire qu’on arrête complètement de bouger pendant que l’autre décide de quoi iel a besoin? Qu’on se retire très lentement? De quoi est-ce que l’autre a besoin pendant qu’on se retire? Est-ce qu’on lui parle? Est-ce qu’on læ touche?

On peut aussi exprimer l’inconfort sur une échelle de 1 à 10, 1 étant l’absence d’inconfort et 10 étant le maximum de douleur ou d’inconfort tolérable.

Surtout, soyez très honnête avec l’autre. Renseignez-vous aussi sur ses expériences. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas fister, mais c’est préférable de savoir avant de commencer si la personne a déjà fisté 100 fois ou si c’est sa première expérience.

On peut aussi fister en groupe. Surtout si une des personnes est nerveuse ou manque d’expérience, ça peut être super que quelqu’un·e soit là pour offrir du soutien moral ou une autre forme de stimulation.

Maintenant qu’on a discuté, qu’on a pris des gants et du lubrifiant, qu’est-ce qu’il faut faire d’autre pour se préparer?

Le lubrifiant va aller partout, donc on évite les draps qui coûtent cher. On met des serviettes, une couverture qui va à la laveuse…

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Ou un jeté Liberator, des piqués Chux ou toute autre surface qu’on est à l’aise de salir avec du lubrifiant et des fluides. Maintenant, parlons des positions possibles.

Les balançoires sont super utiles pour le fisting, parce qu’elles permettent au corps de se détendre et de s’ouvrir. Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui a accès à une balançoire, mais si c’est votre cas, commencez par là.

Pour fister, la plupart des gens préfèrent que l’autre soit sur son dos. Ça aide le corps à s’ouvrir dans la bonne direction en plus de simplifier le contact visuel et la communication, qui sont très importants.

Comment est-ce que la personne qui fiste doit se préparer? 

On commence par enlever tous ses bijoux. Ensuite, on vérifie qu’on a les ongles courts et qu’ils ne sont pas coupants du tout. Les ongles tranchants sont une des grandes causes de petites coupures. Là encore, les gants sont à privilégier. Certaines personnes qui aiment avoir les ongles plus longs mettent des boules de ouate au bout de chaque doigt, à l’intérieur du gant.

Si c’est vous qui fistez, vous devez porter une attention particulière à votre poing. Évitez de vous masturber en même temps et soyez à jeun. L’important, ce n’est pas la destination. Quoi qu’il arrive, le but, c’est de vivre une belle expérience sexuelle – pas d’entrer une certaine partie de la main dans le corps de l’autre.

Comment est-ce qu’on commence?

Souvent, le fisting est la dernière chose qu’on fait pendant un rapport sexuel. Si on veut vraiment faire autre chose, on le fait avant. Après s’être fait fister, l’autre va souvent vouloir arrêter le rapport. Mais il ne faut pas oublier le reste du corps : stimuler tout le corps et l’aider à se détendre sont deux bonnes stratégies pour se préparer. Si ça aide d’utiliser un vibrateur sur le clitoris, la queue ou les parties génitales de la personne qui se fait fister, allez-y.

Maintenant, disons que la personne est très excitée et qu’on veut commencer à la fister. On commence par insérer un ou plusieurs doigts, selon le niveau de confort de l’autre. À partir de trois doigts, on s’approche du fisting. Puis, on passe à quatre doigts. Touchez le bout du petit doigt avec le bout de l’index pour former un triangle, puis coincez le pouce entre les deux.

C’est ce qu’on appelle le canard silencieux.

Exact. Plus la main est flexible, plus elle plie facilement, plus c’est facile de l’insérer. On peut essayer avec la main plus à plat et avec la main en canard, pour voir ce qui est le plus confortable pour l’autre et ce qui cause le moins de résistance. Ne poussez pas plus loin que le point de résistance.

Dans tous les cas, c’est l’articulation du pouce qui est la plus difficile à faire passer. Une fois que le pouce est à l’intérieur, tout est plus facile. Rendu·e là, on peut soit garder la main en canard silencieux, soit recouvrir le pouce avec le reste des doigts pour former une sorte de poing.

Quel genre de sensation est-ce qu’on peut explorer, à ce stade?

On peut faire toutes sortes de choses avec sa main, dans les limites du corps de l’autre. On peut étirer les doigts dans différentes directions pour voir ce qui est le plus agréable. On peut bouger dans toutes sortes de directions. On peut faire comme si on cognait à une porte ou faire un mouvement de va-et-vient, comme si on donnait des coups de poing. On peut bouger la main doucement, d’avant en arrière. Testez différentes choses pour voir ce qui est agréable pour votre partenaire.

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Admettons que la personne qui se fait fister jouisse. Qu’est-ce que ça donne?

Si la personne a un orgasme, c’est possible que son corps expulse votre poing. Vous n’aurez pas nécessairement le choix, donc essayez de lâcher prise. Certaines personnes ont peur de casser le poing de leur partenaire, de l’écraser ou de l’aspirer. C’est une bonne idée de protéger son pouce en le coinçant sous les autres doigts. D’autres personnes vont squirter pour la première fois pendant qu’on les fiste. C’est cool, non?

Et le fisting à deux mains?

Parfois, les gens aiment qu’on leur insère deux poings à la fois, soit dans un même orifice, soit à l’avant et à l’arrière. Le corps est capable de toutes sortes de choses.

Mettons que c’est le temps de se retirer…

Quand la personne que vous fistez est prête à ce que vous vous retiriez, allez-y très doucement. C’est super intense comme sensation. Prenez le temps qu’il faut. Si vous fistez dans l’orifice avant, c’est possible qu’il y ait un effet de succion. Au lieu de tirer, ça peut être préférable de glisser un autre doigt le long du poing pour briser la succion. C’est possible que vous entendiez un drôle de bruit.

Il faut rester présent·e émotionnellement, même après s’être retiré·e.

Exact. Souvent, les gens ne sont pas prêts pour la réaction émotive qui suit le fisting. Pour beaucoup de personnes, c’est quelque chose de très émotif, donc ne soyez pas surpris·e. Ne jugez pas. Soyez là, tout simplement. Si vous vous retirez et que la personne se met à pleurer, soyez là pour elle. C’est un torrent d’émotions.

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