Une Première Nation Crie a annoncé son intention de recourir aux droits issus des traités pour devenir un refuge permettant aux jeunes trans et bispirituels de l’Alberta d’accéder à des soins d’affirmation de genre.
Le gouvernement de l’Alberta restreint actuellement l’accès des jeunes aux soins de santé d’affirmation de genre dans toute la province. Aujourd’hui, la Nation Crie de Saddle Lake a déclaré qu’elle créera une nouvelle loi pour réglementer les soins de santé sur ses territoires, situés à environ deux heures au nord d’Edmonton, dans le centre de l’Alberta. Cette loi permettrait potentiellement aux médecins présents sur les terres de la Nation de fournir des soins d’affirmation de genre aux jeunes—autochtones et non autochtones—qui sont actuellement visés par l’interdiction de l’Alberta.
Le gouvernement de l’Alberta n’a pas encore réagi à l’annonce de la Nation Crie de Saddle Lake.
Afin de créer ces espaces refuges, la Nation crie de Saddle Lake prévoit de faire valoir son droit à la souveraineté en matière de soins de santé en vertu d’une clause du Traité 6 faisant référence à la fourniture d’un « coffre à médicaments ». À l’époque contemporaine, certains ont interprété cette clause comme accordant aux Premières Nations visées par le traité, dont la Nation Crie de Saddle Lake, de vastes droits d’accès aux soins de santé.
La Nation crie de Saddle Lake souhaite accueillir des clinicien·ne·s formé·e·s au Canada pour pratiquer des soins d’affirmation de genre sur ses territoires. La Nation affirme qu’elle exempterait ces médecins des sanctions des organismes de réglementation pour avoir fourni de tels soins, parce que le territoire se trouve en dehors de la compétence provinciale de l’Alberta.
La Nation affirme qu’une nouvelle loi proposée est une question de souveraineté autochtone, puisqu’elle soulève la question de savoir qui a le pouvoir de déterminer les options de soins de santé des Autochtones vivant sur des terres visées par un traité. « Le Canada ne peut pas faire des lois pour nous ou en notre nom », a déclarée la cheffe Dale Steinhauer lors d’une conférence de presse mercredi après-midi.